29 déc. 2013

En voiture !



Train de nuit

Il est au bout du jour une planète en fête
A cet endroit latent où seule dans ma tête
Je referme les mains sur mes visions inquiètes
Laissant derrière moi mes inutiles quêtes

Lorsque la nuit lourde en ses voiles redescend
Que s’entrouvrent enfin les portes du néant
Un train silencieux au bord du quai m’attend
Pour aller en ce lieu où chez moi je me sens

Il est un lieu feutré de paix et de tendresse
Où m’attendent des bras où glissent des caresses
Où n’ont de place ni les télévisions
Ni les ordinateurs dictant l’information

Tel est ce lieu de rêve qui n’appartient qu’à moi
Je m’y rends chaque soir à bord d’un train bleu nuit
Sur les rails de l’espoir il part et me conduit
Vers tout ce que je veux et ce en quoi je crois

Hélène DE MAN - 2002





"J'crois que les histoires d'amour c'est comme les voyages en train,
Et quand je vois tous ces voyageurs parfois j'aimerais en être un,
Pourquoi tu crois que tant de gens attendent sur le quai de la gare,
Pourquoi tu crois qu'on flippe autant d'arriver en retard."
Grand Corps Malade





Les trains rêvent dans la rosée, au fond des gares…
Ils rêvent des heures, puis grincent et démarrent…
J’aime les trains mouillés qui passent dans les champs,
Ces longs convois de marchandises bruissant,
Qui pour la pluie ont mis leurs lourds manteaux de bâches,
Ou qui dorment la nuit entière dans les garages…
Et les trains de bestiaux où beuglent mornement
Des bêtes qui se plaignent au village natal…
Tous ces grands wagons gris, hermétiques et clos,
Dont le silence luit sous l’averse automnale,
Avec leurs inscriptions effacées, leurs repos
Infinis, leurs nuits abandonnées, leurs vitres pâles…
Oh ! le balancement. des falots dans l’aurore !…
Une machine est là qui susurre et somnole…

Une face se montre et relaisse le store…
Et la petite gare où tinte une carriole…
Belloy, Sours, Clarigny, Gagnac et la banlieue…
Oh ! les wagons éteints où l’on entend des souffles !
La palpitation des lampes au voile bleu…
Le train qu’on croise et qui nous dit qu’il souffre,
Tandis que nous fronçons le sourcil dans nos coins,
Et nous laisse étonnés de son prolongement…
Oh ! dans la halte verte où l’on entend les cailles,
Le son du timbre triste et solitaire !… Et puis
Les voies bloquées avec au loin un sifflet qui tressaille,
Les signaux réguliers dans le dortoir des nuits…
Des appels mystérieux que l’on ne comprend pas…


Et, — oh ! surtout ! — après des bercements sans fin,
Où l’âme s’est donnée comme en une brisure,
L’entrée retentissante, avec un bruit d’airain,
De tout l’effort joyeux et bondissant du train,
Dans les grandes villes pleines de murmures !…
C’est là que vient se casser net le pur rayon
Qui m’a conduit d’un rêve à l’autre par le monde,
Rails infinis, sous le beau clair de lune et les fourgons,
A qui j’ai confié l’amertume profonde
De tous mes chers départs et tant d’enchantements…

J’aime les trains mouillés qui passent dans les champs.

 Henry BATAILLE
"Le Beau Voyage"

envoyé par Miss Yves



"Puisque vous partez en voyage..."

envoyé par Marine Zoup


«Les inquiétudes
Oublie les inquiétudes
Toutes les gares lézardées obliques sur la route
Les fils télégraphiques auxquels elles pendent
Les poteaux grimaçants qui gesticulent et les étranglent
Le monde s'étire s'allonge et se retire comme un accordéon qu'une main sadique tourmente
Dans les déchirures du ciel, les locomotives en furie
S'enfuient»
Blaise Cendras

envoyé par Enitram


"Le p'tit train s'en va dans la campagne, le p'tit train s'en va de bon matin, on le voit filer dans la montagne, tchi tchi fou tchi tchi fou...".
envoyé par Naline



Le train de nuit

Oh ! long train de nuit,
souvent
du Sud en direction du Nord,
au milieu des ponchos mouillés,
des céréales,
des bottes que la route raidit,
en Troisième,
tu as déroulé la géographie.
C'est peut-être alors que j'ai commencé
la page terrestre,
que j'ai appris les kilomètres
de la fumée,
l'étendue du silence

Nous passions Lautaro,
des chênes, des champs de blé, une terre
à la clarté sonore, à l'eau
victorieuse :
les longs rails continuaient très loin,
et plus loin les chevaux de la patrie
traversaient
des prairies
argentées,
soudain
le haut pont du Malleco,
fin
comme un violon
de fer clair,
puis la nuit, et ensuite
le Train de nuit
qui roule, roule entre les vignes.
Pablo Neruda

envoyé par Denise


Plein d'entrain!!!
Quitter le train-train quotidien....
Regards hagards sur la gare...
Train-quai à la nouvelle année!!!

Claire Fo



UN TRAIN DANS LA NUIT
Avec entrain
j'ai pris ce train
d'autrefois
avec sa loco
à charbon et bois
de la fenêtre je vois
dans la nuit l'étoile
des rois
mes yeux brillent
gare aux escarbilles
pericoloso sporgersi
féerie et fantaisie
voyageur sans bagages
j'ai fait un beau voyage
un train toujours
sait gare où s’arrêter
jamais ne s'égare
pourtant en rêvant
tandis qu'il roule
et déroule
le paysage
entre secousses et hoquets
on quitte les rails
l'esprit vagabonde
quelquefois déraille
amours aventures
exaltantes romances
flamboyantes peintures
le train qui avance
nous mène en vacances
qu'importe où il va
ainsi la vie va
cahin-caha
au bout du périple
le conte prend fin
grands coups de frein
on est arrivé
dans la nuit qui nous engloutit
brouillard et fumée
tout le monde descend
sans savoir où
nous devons aller

Amichel



Gare de Lyon par Barbara
envoyé par Moun 

 

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