29 déc. 2013

En voiture !



Train de nuit

Il est au bout du jour une planète en fête
A cet endroit latent où seule dans ma tête
Je referme les mains sur mes visions inquiètes
Laissant derrière moi mes inutiles quêtes

Lorsque la nuit lourde en ses voiles redescend
Que s’entrouvrent enfin les portes du néant
Un train silencieux au bord du quai m’attend
Pour aller en ce lieu où chez moi je me sens

Il est un lieu feutré de paix et de tendresse
Où m’attendent des bras où glissent des caresses
Où n’ont de place ni les télévisions
Ni les ordinateurs dictant l’information

Tel est ce lieu de rêve qui n’appartient qu’à moi
Je m’y rends chaque soir à bord d’un train bleu nuit
Sur les rails de l’espoir il part et me conduit
Vers tout ce que je veux et ce en quoi je crois

Hélène DE MAN - 2002





"J'crois que les histoires d'amour c'est comme les voyages en train,
Et quand je vois tous ces voyageurs parfois j'aimerais en être un,
Pourquoi tu crois que tant de gens attendent sur le quai de la gare,
Pourquoi tu crois qu'on flippe autant d'arriver en retard."
Grand Corps Malade





Les trains rêvent dans la rosée, au fond des gares…
Ils rêvent des heures, puis grincent et démarrent…
J’aime les trains mouillés qui passent dans les champs,
Ces longs convois de marchandises bruissant,
Qui pour la pluie ont mis leurs lourds manteaux de bâches,
Ou qui dorment la nuit entière dans les garages…
Et les trains de bestiaux où beuglent mornement
Des bêtes qui se plaignent au village natal…
Tous ces grands wagons gris, hermétiques et clos,
Dont le silence luit sous l’averse automnale,
Avec leurs inscriptions effacées, leurs repos
Infinis, leurs nuits abandonnées, leurs vitres pâles…
Oh ! le balancement. des falots dans l’aurore !…
Une machine est là qui susurre et somnole…

Une face se montre et relaisse le store…
Et la petite gare où tinte une carriole…
Belloy, Sours, Clarigny, Gagnac et la banlieue…
Oh ! les wagons éteints où l’on entend des souffles !
La palpitation des lampes au voile bleu…
Le train qu’on croise et qui nous dit qu’il souffre,
Tandis que nous fronçons le sourcil dans nos coins,
Et nous laisse étonnés de son prolongement…
Oh ! dans la halte verte où l’on entend les cailles,
Le son du timbre triste et solitaire !… Et puis
Les voies bloquées avec au loin un sifflet qui tressaille,
Les signaux réguliers dans le dortoir des nuits…
Des appels mystérieux que l’on ne comprend pas…


Et, — oh ! surtout ! — après des bercements sans fin,
Où l’âme s’est donnée comme en une brisure,
L’entrée retentissante, avec un bruit d’airain,
De tout l’effort joyeux et bondissant du train,
Dans les grandes villes pleines de murmures !…
C’est là que vient se casser net le pur rayon
Qui m’a conduit d’un rêve à l’autre par le monde,
Rails infinis, sous le beau clair de lune et les fourgons,
A qui j’ai confié l’amertume profonde
De tous mes chers départs et tant d’enchantements…

J’aime les trains mouillés qui passent dans les champs.

 Henry BATAILLE
"Le Beau Voyage"

envoyé par Miss Yves



"Puisque vous partez en voyage..."

envoyé par Marine Zoup


«Les inquiétudes
Oublie les inquiétudes
Toutes les gares lézardées obliques sur la route
Les fils télégraphiques auxquels elles pendent
Les poteaux grimaçants qui gesticulent et les étranglent
Le monde s'étire s'allonge et se retire comme un accordéon qu'une main sadique tourmente
Dans les déchirures du ciel, les locomotives en furie
S'enfuient»
Blaise Cendras

envoyé par Enitram


"Le p'tit train s'en va dans la campagne, le p'tit train s'en va de bon matin, on le voit filer dans la montagne, tchi tchi fou tchi tchi fou...".
envoyé par Naline



Le train de nuit

Oh ! long train de nuit,
souvent
du Sud en direction du Nord,
au milieu des ponchos mouillés,
des céréales,
des bottes que la route raidit,
en Troisième,
tu as déroulé la géographie.
C'est peut-être alors que j'ai commencé
la page terrestre,
que j'ai appris les kilomètres
de la fumée,
l'étendue du silence

Nous passions Lautaro,
des chênes, des champs de blé, une terre
à la clarté sonore, à l'eau
victorieuse :
les longs rails continuaient très loin,
et plus loin les chevaux de la patrie
traversaient
des prairies
argentées,
soudain
le haut pont du Malleco,
fin
comme un violon
de fer clair,
puis la nuit, et ensuite
le Train de nuit
qui roule, roule entre les vignes.
Pablo Neruda

envoyé par Denise


Plein d'entrain!!!
Quitter le train-train quotidien....
Regards hagards sur la gare...
Train-quai à la nouvelle année!!!

Claire Fo



UN TRAIN DANS LA NUIT
Avec entrain
j'ai pris ce train
d'autrefois
avec sa loco
à charbon et bois
de la fenêtre je vois
dans la nuit l'étoile
des rois
mes yeux brillent
gare aux escarbilles
pericoloso sporgersi
féerie et fantaisie
voyageur sans bagages
j'ai fait un beau voyage
un train toujours
sait gare où s’arrêter
jamais ne s'égare
pourtant en rêvant
tandis qu'il roule
et déroule
le paysage
entre secousses et hoquets
on quitte les rails
l'esprit vagabonde
quelquefois déraille
amours aventures
exaltantes romances
flamboyantes peintures
le train qui avance
nous mène en vacances
qu'importe où il va
ainsi la vie va
cahin-caha
au bout du périple
le conte prend fin
grands coups de frein
on est arrivé
dans la nuit qui nous engloutit
brouillard et fumée
tout le monde descend
sans savoir où
nous devons aller

Amichel



Gare de Lyon par Barbara
envoyé par Moun 

 

27 déc. 2013

A table !...



Oie ou dinde
Le fourneau est prêt
Pour la nuit festive !
MarineZoup 


"A tous les repas pris en commun, nous invitons la liberté à s'asseoir. La place demeure vide, mais le couvert reste mis."
René Char
envoyé par Denise


Sur la nappe à pois
Un cochon
Groin groin
N'ira pas
Papa !

Je prépare un bon soupe
Et
Je t'attends mon porcinet
Il fait bon à la maison !

Véronica B


22 déc. 2013

la quatrième bougie...




Le mot latin pour paix est "pax". Il vient de "pacisci" négocier, tomber d'accord sur quelque chose. Une vraie paix ne naît que si les personnes, avec leurs différences de besoins et d'opinions, se parlent.
Le but n'est pas d'aboutir à une opinion uniforme, mais plutôt de reconnaître que l'opinion et le sentiment de chacun ont leur justification.



Belles et douces fêtes de Noël à chacune et à chacun d'entre vous !





16 déc. 2013

Avent...



"Le verbe était la vraie Lumière qui éclaire tout homme en venant dans le monde"
Jean 1, 9





"La lumière jaillira
Et de la voir si belle 
Je connaitrai pourquoi
J'avais tant besoin d'elle..."


On s'endort devant le feu. On ne s'endort pas devant la flamme d'une chandelle.
Gaston Bachelard

envoyé par Denise


Délicieuse lumière ! chaque rayon
Est la caresses d'un immense et long regards.
R.Pombo

 L'heure des ténèbres


C'est la nuit qu'il est beau de croire à la lumière.
E.Rostand, 

Cyrano de Bergerac.  
envoyé par Claude







Ces chants d'elle
Joli temps de Noël...
Tout est paisible...
...irrésistible...

Claire Fo


Que la lumière soie, et la lumière fuse...
Saravati


"La grande force est le désir
Et viens que je te baise au front
O légère comme une flamme
Dont tu as toute la souffrance
Toute l'ardeur et tout l'éclat."

Apollinaire
envoyé par Colo



Sans ta lumière, Seigneur,
Que ferions-nous dans ce monde?
Perdus au large, dans le brouillard,
Au gré des vents.
Sans ta lumière Seigneur,
Où irions-nous dans ce monde?
La mer est immense sans ta présence,
Que ferions-nous?

envoyé par Simone 


De toutes les lumières
scintillantes en hiver
celles que je préfère
celles qui sont les plus belles
ce sont les mille chandelles
qui brillent dans les yeux
souriants et joyeux
de nos enfants heureux
au matin de Noël

Tilia


Yeux écarquillés
regardent sous le sapin
la joie étincelle...

Den


" Mieux vaut allumer une bougie dans les ténèbres plutôt que d'en déplorer l' obscurité "
Lao-Tseu
envoyé par Mathilde 


Deux petites flammes solitaires
pour lutter contre le froid de l'hiver
qui se fait mordant
en ce temps de l'Avent...

Marie-Josée


« La lumière d’une bougie n’est en rien diminuée si elle en allume une autre. »
envoyé par Amandine


à la flamme des chandelles
notre joie étincelle
et le cœur réjouit
danse le bougie-bougie
:/>))

Amichel



  Lumière annoncée
Elle vacille et éblouit
Selon son caprice
Dans mon cœur
Ta clarté est miracle

Marine D


Flammettes guillerettes
Les bougies se consument
Irrésistible lumière... 

Christine



7 déc. 2013

ciel...


Il est des soirs comme ça où malgré la griseur du ciel et la noirceur des forêts au seuil du lourd sommeil, l'on a envie de voir la vie en rose.
Alors un spectacle veiné de bleu et blanc se dispute les faveurs du ciel ...




Le ciel est le pain quotidien des yeux
R.W. Emerson


Du gris-bleu et rose
pour ambiancer le couchant
pensées infinies


Au gré des nuages
s'effilochent mes pensées
entre rose et gris

Miss Yves


De jour ou de nuit
le ciel est une source
pour l'âme assoiffée  

Tilia


...Oh ! contemplez le ciel ! et dès qu'a fui le jour,
En tout temps, en tout lieu, d'un ineffable amour,
Regardez à travers ses voiles ;
Un mystère est au fond de leur grave beauté,
L'hiver, quand ils sont noirs comme un linceul, l'été,
Quand la nuit les brode d'étoiles.
Victor Hugo

envoyé par Denise




Grisée par le rose
en cherchant l'inspiration
me croirais-je sage

Miss Yves


Quand la saison est au noir et blanc
le ciel s'habille de couleurs
pour notre plus grand bonheur !

Naline


Le ciel est offrande
Aux humeurs du couchant
Il a dédié ses roses...

Marine D


Quand le ciel s'offre à nous
en déshabillé rose et bleu
on dirait voir l'ardent aveu
d'un soleil couchant amoureux
pour une nuit de rêves doux  

Amichel


Journée à ciel ouvert...
Barbe à papa à volonté!
Un avant goût du paradis...

Claire Fo 



4 déc. 2013

givrées...


La temps glacé est passé
La nature s'est figée
Sucre granulé....

Voilà les froids
C'est l'effroi
Rentrons chez-soi


Avec ta photo
Tu m'as dégivrée !
Et avec ton mot
Tu m'as achevée !

Véronica



en vert forgées par le givre
les feuilles de plantain
dans le petit matin
sont un bonheur à vivre


Jardin modern style
par un forgeron givré
Volutes spirales
L'or sous le givre
Grise et blanche
une froide alchimie nocturne
brise l'instant
Au matin
c'est le couperet du soleil
qui tranche
Une pie cherche de l'or
sous le givre
de la branche
Jean Orizet



Belle leçon de style
Nature sortant ses crayons
dessine au tableau

Tilia


Feuilles retroussées
givré l'hiver débutant
jouant au coiffeur 



Friselis copeaux
sous la coupe des gelées
décor sucre glace


Tirebouchonnant
sous la dent dure du gel
le jardin se fige

Miss Yves 


« Il faut toujours un hiver pour bercer un printemps. »
envoyé par Amandine


30 nov. 2013

V comme voyage...



Viens avec nous
Voyager aux antipodes
Voguer vers ces terres immenses
Violemment baignées de lumières inviolables


Vol d'oies sauvages
Entre deux continents
Émigrantes de saison 

Christine



Voyages Voyages
envoyé par Oxygène




MIGRATION

Où vont les grands oiseaux
Qui traversent le ciel ?
Nicher dans les roseaux 
Vers des pays couleur de miel ?

Mon cœur est un oiseau en cage
Qui s’évade quand pensif je les suis
Leur vol est pour moi un message
Qu’en rêve je déchiffre la nuit

Partir au loin du quotidien morose
Ailleurs où le soleil de l’océan surgit
Dans un envol de flamants roses
Et se couche le soir quand le lion rugit

Où vont les grands oiseaux
Qui traversent le ciel ?
Au delà des mers froides et grises
Vers des lacs où souffle une légère brise ?

Dans l’océan d’azur aux vagues de nuages
Leurs ailes dans le vent sont des voiles
Ils emportent avec eux au passage
L’envie de suivre aussi la route des étoiles

Leur traversée n’est pas de tout repos
Les plus faibles souvent succombent
Et on verra blanchir leur os
Quand la neige d’hiver leur fera une tombe


Où vont les grands oiseaux
Qui traversent le ciel ?
Retrouver le jardin des délices
Vers des îles aux fortes odeurs d’épices ?

Amichel




Voler vers d'autres victoires
Voler vers d'autres visages
Vaquer à d'autres vérités

Naline 


Aller de l'avant
Temps de l'Avent
Battons des ailes
Bientôt Noël!
Trouver l'Enfant-roi!
Faire acte de foi......

Claire Fo


Ô les gens bien heureux tout à coup dans l'espace
Si haut qu'ils semblent aller lentement en grand vol
En forme de triangle arrivent planent, et passent
Où vont ils? ... qui sont-ils ? Comme ils sont loin du sol

Jean Richepin
envoyé par Alain




Les oies sauvages
envoyé par Marie-Josée



...Alors, songeant toujours aux éclatants soleils,
Aux longues stations au bord des eaux sacrées,
Ou sur les minarets aux coupoles dorées
Où le soir lumineux ruisselle en flots vermeils,

Joyeuse, elle reprend, à la calme hauteur
D'où les terres sans fin redeviennent lointaines,
Son vol splendide, dont l'ourlet noir de ses pennes
Isole dans l'azur l'éclatante blancheur.
Auguste Angellier.

envoyé par Enitram




Voler à tire d'aile
Oublier les souci
Y aller de plus belle
Abolir l'inertie
Gagner le bleu du ciel  
Et redescendre aussi


Vols
Orientés,
Légers,

VireVoltants...
Océans ,
Yémen,
Afrique...
Géo !
Eole
S'envole
Miss Yves


28 nov. 2013

petit matin bleu...




..Petit matin bleu
Regarde en reflet
Nacré irisé
L'oeil tant goguenard
Du joli canard
Ecoute s'il pleut !!


C’est tout un art d’être canard

C’est tout un art d’être canard
C’est tout un art
d’être canard
canard marchant
canard nageant
canards au sol vont dandinant
canards sur l’eau vont naviguant
être canard
c’est absorbant
terre ou étang
c’est différent
canards au sol s’en vont en rang
canards sur l’eau s’en vont en ramant
être canard
ça prend du temps
c’est tout un art
c’est amusant
canards au sol vont cancanant
canards sur l’eau sont étonnants
il faut savoir

marcher, nager
courir, plonger
dans l’abreuvoir
canards le jour sont claironnants
canards le soir vont clopinant
canards aux champs
ou sur l’étang
c’est tout un art
d’être canard.
Claude Roy
envoyé par Denise 


Froid de canard
Foi de canard
C'est l'effroi!
Peur qu'il ait froid
Faut être givré
Pour oser se baigner!

Claire Fo




Dans le petit matin bleu
le canard se caille
le canard a froid aux cannes

Tilia


Canard givré
Au bleu de fines herbes
Bain matinal

Christine


Des rides se propageant et un canard immobile .
Le mouvement de l'eau tranquille , un oiseau pensif .
Belle harmonie !

Tomochi 


Que regardes-tu petit canard ?
Ne suis-je pas déjà gelé
De la tête aux pieds ?
Je préfère rester dans l'eau
l'herbe est raide de glace
je ne sortirai pas de mon bain...

Enitram


La terre est bleue comme une orange
Jamais une erreur les mots ne mentent pas
Ils ne vous donnent plus à chanter
Au tour des baisers de s’entendre
Les fous et les amours
Elle sa bouche d’alliance
Tous les secrets tous les sourires
Et quels vêtements d’indulgence
À la croire toute nue.

Les guêpes fleurissent vert
L’aube se passe autour du cou
Un collier de fenêtres
Des ailes couvrent les feuilles
Tu as toutes les joies solaires
Tout le soleil sur la terre
Sur les chemins de ta beauté.
Paul Eluard

envoyé par Ceciel


25 nov. 2013

automne-hiver...


 Mon amie Lili est photographe. Elle est amoureuse d'un lieu qu'elle fréquente en toutes saisons: le Plan d'eau de Michelbach .Elle a bien voulu me prêter ses images pour vous les montrer. Mon billet précédent vous montre un autre point de vue du même plan d'eau.



Il a neigé


Il a neigé dans l’aube rose,
Si doucement neigé,
Que le chaton noir croit rêver.
C’est à peine s’il ose
Marcher.

Il a neigé dans l’aube rose,
Si doucement neigé,
Que les choses
Semblent avoir changé.

Et le chaton noir n’ose
S’aventurer dans le verger,
Se sentant soudain étranger
A cette blancheur où se posent,
Comme pour le narguer,
Des moineaux effrontés. 
 Maurice Carême


Automne givré
méli-mélo blanc et roux
Y a plus de saisons
Miss Yves


Rouges feuilles mortes
qui revivent dans l'écrin
de satin blanc pur

Des cristaux de neige
écrins de joaillerie
pour les feuilles d'or

Miss Yves


Il a neigé sur nos chagrins
Sur la feuille de l'érable
Sur la fontaine gelée
Il a neigé sur nos rêves
Quand le sommeil est bousculé
Quand le cœur se resserre
Comme l'oiseau qui se cache
Dans le buisson effeuillé...

Il a neigé dans le jardin
La nature sereine
Se moque bien de nos attentes
Et du frisson de nos espoirs

Marine D 


23 nov. 2013

au petit matin...



Créatures de la nuit
Maintenant alanguies...
Bonne nuit...
Créatures du jour
À vos amours
Bonjour!



J'aime les petits matins
Il ne se passe rien..
Mais tout se prépare
La nature se pare...



Croissant de paix pour déjeuner
Moment de tranquille-été
La-soi-fée boit à l'étang
Prendre tout son temps...



Il est au début de l’automne…

Il est au début de l’automne
Un temps trop court d’enchantement
Que nos jours de cristal jalonnent
Et dont les soirs sont rayonnants.

Où passait la serpe vaillante,
Le grand vide de la saison,
Et l’araignée a, patiente,
Tissé son fil sur le sillon.

Bien que l’hiver soit loin, morose,
L’air se vide, I’oiseau se tait ;
Sur la plaine qui se repose,
Le ciel répand sa pureté.
Théodore TUTCHEV

envoyé par Denise



Au petit matin
Éblouie, figée
Par la couleur d'orée

Véronica


Au petit matin
Dans la courbe des eaux
Pas un souffle.
S’en va sans bruit
Le train double
Des buissons
Vers l’horizon
Tandis que le salue
Le fin feuillage
Des arbrisseaux
Dans l’aurore
A peine rosissante.

Maïté Aliénor


21 nov. 2013

automne...



Automne
La terre grasse et les labours
Les nuages gris d'un ciel lourd
La forêt habillée de flammes
La mélancolie dans les âmes

Le raisin qu'on foule au pressoir
Un hululement dans le soir
Le chasseur guetteur à l'espère
Le coeur meurtri qui désespère
Les pommes au verger cueillies
La vie au temps qui passe et fuit

C'est le bonheur auquel je crois

Qu'il fasse chaud qu'il fasse froid
Amichel


Chemin de terre
Entre les vignes
La pluie dessine
Deux fines rivières
Qui s'en vont vers
Une colline
Bientôt l'hiver
Nous fera signe...

La Licorne




L'automne

De boue le chemin est devenu.
Les arbres encore vivement vêtus.
La pluie récente parfume l’air.
Un million de feuilles se couchent par terre.
A la descente de la brume,
le bois secret s’allume.
L’enchantement est divin,
le temps n’a plus de fin.
Errer dans le bois,
voler du passé,
ramasser du thym
gentiment faire du thé.
Rarement le silence reste
dans ce ruisseau fascinant.
Caresser tout le savoir
dans les bras de maintenant.
Chloe Douglas,

Chemin gadouilleux
dans l'herbe il vaut mieux marcher
pour ne pas glisser

Tilia


Suivre son chemin
Humide et tout tracé
Nez en l'air,
Bottes aux pieds

Christine



La gadoue
Pétula Clark
envoyé par Enitram


Chemin de terre de boue
Se faufile entre les vignes
Pour aller on ne sait où
Si tu veux tu me fais signe

Den


"On a tous un p'tit côté canard
Aussitôt que l'on voit une mare
Non seulement on ne l'évite pas
Mais on y va tout droit patauger dans la joie

La gadoue la gadoue la gadoue lé
C'est jamais que de la terre et de l'eau
La gadoue la gadoue la gadoue lé
ça fait shplof ça fait flock c'est trop beau"

envoyé par Odile


En hiver la terre pleure ;
Le soleil froid, pâle et doux,
Vient tard, et part de bonne heure,
Ennuyé du rendez-vous.

Leurs idylles sont moroses.
- Soleil ! aimons ! - Essayons.
O terre, où donc sont tes roses ?
- Astre, où donc sont tes rayons ?

Il prend un prétexte, grêle,
Vent, nuage noir ou blanc,
Et dit : - C'est la nuit, ma belle ! -
Et la fait en s'en allant ;

Comme un amant qui retire
Chaque jour son coeur du noeud,
Et, ne sachant plus que dire,
S'en va le plus tôt qu'il peut.

Victor Hugo

envoyé par Marie-Paule


19 nov. 2013

fais du feu...





"Il a neigé à Port-au-Prince
Il pleut encore à Chamonix
On traverse à gué la Garonne
Le ciel est plein bleu à Paris

Ma mie l'hiver est à l'envers
Ne t'en retourne pas dehors
Le monde est en chamaille
On gèle au sud, on sue au nord..."






"Quand j'étais malade, mon père faisait du feu dans ma chambre. Il apportait un très grand soin à dresser les bûches sur le petit bois, à glisser entre les chenets la poignée de copeaux. Manquer un feu eût été une insigne sottise. Je n'imaginais pas que mon père pût avoir d'égal dans cette fonction qu'il ne déléguait jamais à personne. En fait, je ne crois pas avoir allumé un feu avant l'âge de dix-huit ans. C'est seulement quand je vécus dans la solitude que je fus le maître de ma cheminée. Mais l'art de tisonner que j'avais appris de mon père m'est resté comme une vanité. J'aimerais mieux, je crois, manquer une leçon de philosophie que manquer mon feu du matin."

[Gaston BACHELARD, La psychanalyse du feu, Paris : Gallimard, 1949, p. 25]



"Aux dents de la crémaillère pendait le chaudron noir. La marmite sur trois pieds s'avançait dans la cendre chaude. Soufflant à grosses joues dans le tuyau d'acier, ma grand-mère rallumait les flammes endormies. Tout cuisait à la fois : les pommes de terre pour les cochons, les pommes de terre plus fines pour la famille. Pour moi, un œuf frais cuisait sous la cendre. Le feu ne se mesure pas au sablier : l'œuf était cuit quand une goutte d'eau, souvent une goutte de salive, s'évaporait sur la coquille. Je fus bien surpris quand je lus dernièrement que Denis Papin surveillait sa marmite en employant le procédé de ma grand-mère. Avant l'œuf, j'étais condamné à la panade. Un jour, enfant coléreux et pressé, je jetai à pleine louchée ma soupe aux dents de la crémaillère : " mange cramaille, mange cramaille ! ". Mais les jours de ma gentillesse, on apportait le gaufrier. Il écrasait de son rectangle le feu d'épines, rouge comme le dard des glaïeuls. Et déjà la gaufre était dans mon tablier, plus chaude aux doigts qu'aux lèvres. Alors oui, je mangeais du feu, je mangeais son or, son odeur et jusqu'à son pétillement tandis que la gaufre brûlante craquait sous mes dents. Et c'est toujours ainsi, par une sorte de plaisir de luxe, comme dessert, que le feu prouve son humanité. Il ne se borne pas à cuire, il croustille. Il dore la galette. Il matérialise la fête des hommes. Aussi haut qu'on puisse remonter, la valeur gastronomique prime la valeur alimentaire et c'est dans la joie et non pas dans la peine que l'homme a trouvé son esprit. La conquête du superflu donne une excitation spirituelle plus grande que la conquête du nécessaire. L'homme est une création du désir, non pas une création du besoin."

[Gaston BACHELARD, La psychanalyse du feu, Paris : Gallimard, 1949, pp. 37-38] 





Dans l'âtre flamboyant le feu siffle et détone,
Et le vieux bois gémit d'une voix monotone.
Il dit qu'il était né pour vivre dans l'air pur,
Pour se nourrir de terre et s'abreuver d'azur,
Pour grandir lentement et pousser chaque année
Plus haut, toujours plus haut, sa tête couronnée,
Pour parfumer avril de ses grappes de fleurs,
Pour abriter les nids et les oiseaux siffleurs,
Pour jeter dans le vent mille chansons joyeuses,
Pour vêtir tour à tour ses robes merveilleuses,
Son manteau de printemps de fins bourgeons couvert,
Et la pourpre en automne, et l'hermine en hiver.
Il dit que l'homme est dur, avare et sans entrailles,
D'avoir à coups de hache et par d'âpres entailles
Tué l'arbre ; car l'arbre est un être vivant.

Jean Richepin, La plainte du bois

Le poème ne s'arrête pas là, après avoir justifié son "crime" l'auteur termine par
 "Et toi qui regrettais le grand ciel et l'air pur,
Ô vieux bois, tu deviens un morceau de l'azur.".




La danse et la chanson du feu extrait de L'Amour Sorcier de Carlos Saura
 et dansé par les extraordinaires Antonio Gades et Cristina Hoyos
envoyée par Colo




"Sans doute le feu réchauffe et réconforte. Mais on ne prend bien conscience de ce réconfort que dans une assez longue contemplation; on ne reçoit le bien-être du feu que si l'on met les coudes aux genoux et la tête dans les mains. Cette attitude vient de loin.  L'enfant près du feu la prend naturellement."
Gaston Bachelard




Je fis un feu, l'azur m'ayant abandonné,
Un feu pour être, son ami,
Un feu pour m'introduire dans la nuit d'hiver
Un feu pour vivre mieux.
Paul Eluard
envoyé par 


J'écris près de la lampe. Il fait bon. Rien ne bouge

J'écris près de la lampe. Il fait bon. Rien ne bouge.
Toute petite, en noir, dans le grand fauteuil rouge,
Tranquille auprès du feu, ma vieille mère est là ;
Elle songe sans doute au mal qui m'exila
Loin d'elle, l'autre hiver, mais sans trop d'épouvante,
Car je suis sage et reste au logis, quand il vente.
Et puis, se souvenant qu'en octobre la nuit
Peut fraîchir, vivement et sans faire de bruit,
Elle met une bûche au foyer plein de flammes.
Ma mère, sois bénie entre toutes les femmes.
François Coppée

envoyé par Denise


Monsieur... m'avait dit:
"Fais du feu"
Alors je fis feu!
Il devint "feu" monsieur...

Autrefois, flamboyant
Je le vois descendre
Tas de cendres
Me voilà larmoyant!

J'ai tant cheminer
Fini la cheminée!
J'ai froid...effroi
Sans chaleur, c'est la châle heure....

Claire Fo


« Si l'on n'est pas brûlé par le feu, on est noirci par la fumée. »


La flamme peut détruire.
Maîtrisée, elle illumine.

 Christian Jacq 
envoyé par Simone



Dans la cheminée un grand feu de bois
m'endort à demi me berce et m'enchante
mon cœur se libère des peurs qui le hantent
les flammes crépitent les bûches rougeoient

Leurs étincelles sont des étoiles filantes
des fleurs éphémères qui dansent devant moi
éveillant mon esprit aux veillées d'autrefois
aux contes de neige délicieuses épouvantes

Je me souviens de l'enfant écoutant ces histoires
ces légendes d'antan évoquant pour mémoire
la nuit froide des loups sous la lune blafarde

On est bien près de l'âtre dehors rode la peur
quand le vent mord qu'aboie le chien de garde
comme on aime avoir peur dans sa douce chaleur  

Amichel


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